Jeudi 9 juillet 2009
Grande nouvelle, Epikt vend son cul sur le trottoir d’en face. Cela n’arrivera à priori pas tous les jours mais je vous mets au défi de refuser quand Ananda vous fait ses petits yeux de Bambi.
L’article que je lui ai refilé s’appelle « Rien à battre de la j-music » et tout est dans le titre. Dans les grandes lignes : j’y formule l’idée selon laquelle, pour quiconque essaye d’adopter une attitude un minimum exigeante et ouverte dans son rapport à la musique, le développement de la j-music en tant que label et marché est tout sauf souhaitable.
D'ailleurs j'en suis pas mécontent de ce petit blabla, j'aurais peut-être du le garder pour le Suki-Suki finalement... enfin bon, le mal est fait et le voilà désormais lisible sur le bloug d’Ananda.


Mikan desu!


Coïncidence (ou pas) troublante (ou pas), j’ai écrit cet article sans vraiment penser à quelques affaires récentes (dont je n'ai de toute façon pris connaissance qu'après avoir rendu mon papier) ayant secoué le verre d’eau de la j-music en France, notamment la fermeture annoncée de mimu, suivi (deux mois plus tôt :/) du départ d’une des pontes de JaME (ce qui ne me fait ni chaud ni froid considérant le peu de crédit que j’accorde à ce site, mais dont le témoignage est assez édifiant).

Je regrette la fermeture de mimu. Il est vrai que personnellement je n’y trouve que très rarement mon compte mais il s’agissait d’un site plutôt intègre, ayant entre autres le mérite (rare) de ne pas faire de visual-kei (ou presque) et de ne pas confondre j-music et manga. Ainsi, malgré une qualité parfois fluctuante (et comme souvent des yeux plus grand que le ventre ainsi qu’une envie de beurre, d’argent du beurre et de cul de la crémière) mimu était, parmi les média d’importance du milieu, le seul décent.
Du coup pour le béotien dont l’horizon ne va pas plus loin que la production commerciale, il ne reste plus rien. Et je doute sérieusement que l’audience se déporte vers chez moi (ce qui lui ferait du bien pourtant). Les fans inspirés se rabattront alors sans doute vers J-Decouverte – site qui il est vrai n’a ni la carrure (c’est petit et amateur) ni la qualité rédactionnelle de mimu, mais qui dans l’ensemble a largement meilleur goût – et, je pense, n’y perdront pas.

De mon coté cela me conforte dans ma volonté de travailler modestement, en marge et en indépendant. J’aime croire que cela me protège des déboires des gros, de leurs impératifs de production comme de la pression à laquelle ils doivent faire face. Pour l’instant ça marche : je trouve l’année 2009 splendide et la nécro du Suki-Suki-Daisuki n’est à priori pas pour tout de suite.
Publié dans : tribune - Par Epikt
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 4 juillet 2009
Puisque je ne suis qu’à moitié inspiré ces dernier temps je vais encore tomber dans la facilité – shame on me – et me taper un petit délire avec nos ami(e)s japonais(es) qui se frottent à la chanson française. Ce qui est souvent délicieux, vous en conviendrez.

Même le Hello!Project s’y met, en témoigne cette interprétation du classique ‘Poupée de cire, poupée de son’ par Ishikawa Rika. Passons sur le fait que Gainsbourg doit se retourner dans sa tombe en voyant son texte massacré par le bonhomme en charge des sous-titres (disons que l’approximation du karaoke s’accorde avec celle de la prononciation), cette version est pas mal du tout. Un peu nawak quand même sur l’instru, mais la petite Rika se débrouille (mieux en jap qu'en français il est vrai) et elle est toute mimi – à vrai dire, on ne demandait pas davantage à France Gall à l’époque.


‘Poupée de cire, poupée de son’, par Ishikawa Rika


Mais si j’ai choisi de vous en parler c’est que quarante ans avant France Gall elle-même avait enregistré une version en japonais. Et ça vaut son pesant de waponaiserie.


‘Yume miru chanson ningyo’, par France Gall


Si j’ai parlé de ce morceau c’est aussi par dépit, car s’il y a une chanson de la paire Gainsbourg / Gall qui aurait été sublime chantée par une idol, c’est bien 'Les Sucettes'. Mais à ma connaissance personne n’a eu cette splendide idée, quel dommage !
Il existe bien des reprises japonaises comme celles de Hanayo (qui n'a pas un grand intérêt) ou de Jon the Dog (qui est déjà nettement plus drôle) mais il s’agit plus de détournement foutage de gueule qu’autre chose. Rien qui restitue la divine candeur de la jeune fille qui ne comprend pas ce qu’elle chante – la définition d'une idol en quelque sorte.

Aller hop, juste pour le plaisir (et pour la pochette japonaise très bleu-blanc-rouge) :


'Les Sucettes', par France Gall
Publié dans : bonus - Par Epikt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 28 juin 2009
We don't care about Music anyway...

Je ne sais plus à qui on doit cette déclaration, lâchée alors que le film s’intéresse à Tokyo comme point de convergence de cultures hétéroclites : « la chanson japonaise de nos jours [la « j-pop » quoi] n’est ni vraiment japonaise, ni vraiment de la chanson » ; mais moi qui aime autant la harsh-noise que la pop elle me fait marrer. Une chose est certaine, si les musiciens apparaissant dans le film de Cédric Dupire et Gaspard Kuentz, We don’t care about Music anyway, produisent une musique qui n’est pas particulièrement japonaise (même s’ils forment une scène typique) et qui est encore moins de la chanson, cette musique est indéniablement nourrie par son environnement et les multiples flux qui le traversent, jusqu’à dans certains cas se révéler l’incarnation de sa frénésie et de son désordre.

J’aime autant la pop que la noise donc, et en tenant au sein (bien qu’en marge) du fandom « j-pop » un blog qui dès sa note d’intention promet de faire le grand écart entre Chara et Merzbow je m’expose particulièrement aux remarques selon lesquelles cette dernière « n’est pas de la musique »... surtout quand il parait que « we don’t care about ». Il conviendrait alors de (tenter de) définir ce qu’on entend par « musique ».
Alors certes, on peut suivre Jean-Jacques Rousseau lorsque dans l’Encyclopédie il définit la musique comme « l'art d'accommoder les sons de manière agréable à l'oreille », mais il n’est pas peu dire que depuis le XVIIIe cette définition naïve et très « easy listening » ait été fondamentalement remise en cause (que 95% des gens en soit resté là n’est pas la question)(quoique).
Sans pour autant être des activistes révolutionnaires, les musiciens s’exprimant dans le film créent en contradiction avec la culture dominante, refusant son évidence. Alors, au détour de quelques râpes à fromage frottées contre les tympans du spectateur, We don’t care about Music anyway dessine quelques pistes de réflexions à contre courant : la musique c’est une texture (leitmotiv d’Otomo Yoshihide), une performance « théâtrale », du moins théâtralisée (Umi No Yeah! qui fait son show sur une plage, avec un jeu de guitare de Shimazaki Tomoko tenant davantage d’une pose de pin-up dans un catalogue d’armement que d’un solo de John Petrucci), l’appréhension d’un espace et d’une architecture (Numb et Saidrum jouant dans un souterrain aux allures de cathédrale), etc... et pour garder le meilleur pour la fin, la musique c’est de la lumière, lorsque Yamakawa Fuyuki contrôle l’allumage d’ampoules avec ses pulsations cardiaques modulées par sa respiration (il faudrait que je vous en parle plus en longueur si je trouve le temps, tant c’est splendide).


Yamakawa Fuyuki


C’est d’ailleurs avec ce personnage (il est vrai très photogénique) que Cédric Dupire et Gaspard Kuentz font leurs plus belles images, que ce soit de ses rituels lumineux ou, dans un spectacle plus classique, de son corps fumant écroulé sur la scène après une performance très physique. D’une manière générale les images du film sont de toute façon plutôt chouettes : classiques lors des enregistrements de concerts, elles sont d’emblées plus intéressantes lorsque, à défaut d’être véritablement scénographiées, les performances sont mises en scène dans un environnement (dixit un des réals, Otomo fut enchanté de jouer dans une décharge de produits électroménagers, cool pour lui !).
On pourra toutefois reprocher au film de ne pas être aussi radical dans son approche des images que les musiciens qu’il met en scène le sont avec la musique, et globalement qu’un environnement sonore faisant l’objet d’un soin tout particulier. Il y a bien quelques passages où l’image se voit triturée (il y a aussi, de manière plus traditionnelle, quelques utilisation de la mise en scène assez pertinentes) mais elles sont principalement situées au début, avant que le film ne s’engage dans une voie plus classique d’alternance de déclarations (le film évite de façon maligne les éternelles interviews en plaçant les musiciens dans une situation de discussion entre eux plutôt qu’avec un journaliste, du coup c’est moins figé), de performances musicales et d’images parallèles. C’est loin d’être dégueulasse et à vrai dire cela fonctionne plutôt bien, mais puisque certaines intentions manifestes étaient de construire un film sortant du format du documentaire on en attendait davantage.
[En passant, ce fut l’objet d’un reproche adressé par un spectateur à la fin du film, reproche que je partagerais si seulement il ne s’était pas fondé sur le fait qu’ainsi les images ne dégagent pas la même violence que la musique. Car je vais peut-être vous surprendre, mais je ne pense pas que la noise soit vraiment une musique violente (le grindcore ça c’est violent), ou plutôt que la violence est loin d’être une de ses caractéristiques fondamentales. Non, si ce reproche doit être fondé, c’est au niveau de la manipulation du matériau filmique (par analogie au sonore) plutôt que sur une quelconque violence.]
Je ne pense pas que l’équipe du film soit ignorante de cela, elle qui a sans aucun doute été menée à faire un choix. Si à l’origine le projet se voulait sans doute plus borderline (on parle par exemple de séquences de pseudo-fiction mettant en scène les musiciens), il est en l’état le résultat d’un inévitable arbitrage : 1/ se coltiner la matière filmique et la martyriser pour en mettre en évidence la texture (analogie encore une fois avec le travail d'Otomo Yoshihide) et du coup réaliser une oeuvre à part entière, au delà de la simple captation et restitution du réel, quitte à la rendre obscure et perdre son propos en route ; 2/ ne pas oublier que le film a pour sujet des musiciens dont il ne faudrait pas dénaturer la production. Comme toujours la vérité est quelque part entre les deux, mais en fin de compte We don’t care about Music anyway penche du second coté.


Otomo Yoshihide


C’est alors pas un hasard si j’écris ce texte sur mon blog de musique et pas ailleurs : ses qualités cinématographiques sont indéniables (même si comme on a vu on peu émettre des réserves) mais il y est avant tout question de musique.
Le plateau est de haut niveau (il m’est d'ailleurs arrivé de parler de certains d'entre eux depuis l’ouverture de ce blog) et le regard est principalement centré sur la noise au sens large (des bidouilles électroniques au noise-rock), ne s’autorisant que la performance dronesque de Yamakawa Fuyuki comme sortie de route, quand bien même les musiciens ont parfois plus de flèches à leurs arcs (Otomo par exemple fait, entre autres choses, du jazz). C’est donc souvent un régal – même si j’avoue ne pas être trop fan des zigouigouis électroniques et autres bidouilles aux platines, préférant la manipulation d’instruments physiques, personne n’est parfait.
Il est à mon sens intéressant de noter qu’en plus de ne pas se contenter des formes musicales courantes, voire même de les refuser, la plupart de ses musiciens pratiquent sur des instruments modifiés où à la manipulation « étendue ». Je pense par exemple à la discussion sur leur manières de modifier leurs platines, untel substituant la tête de lecture par toutes sortes d’objets imaginables, un autre la truffant de micros de contact pour mieux y capter les scrachs. Mais aussi et surtout à l’inénarrable Sakamoto Hiromichi, qui ne sait décidément toujours pas comment se servir de son violoncelle. Plus sérieusement, les remarques qu’il peut faire au sujet de son instrument sont particulièrement intéressantes : à la fois il regrette son image bourgeoise, la seule réponse qu’il a pu trouver étant d’attaquer le pauvre instrument à la ponceuse ; à la fois il ne peut l’envisager que dans sa forme traditionnelle, avec sa caisse de résonance acoustique, ne pouvant se résoudre à l’électrifier intégralement – tout le contraire d'Otomo dont la guitare, minimaliste et finalement très « indus », se réduit à un manche soutenant des cordes et à ses prolongements électroniques).
Autre tendance qu’il faut soulever, un flagrant et partagé refus de l’intellectualisation de la musique, au profit d’une approche physique, sensorielle et mémorielle. Les artistes en question peuvent adopter une démarche construite et (pourquoi pas) fondée sur un propos ou une posture idéologique (ou pas), quand il en vient à la musique c’est ce rapport primal qui compte et qui motive (on en revient encore une fois à la texture). Le plus radical dans cette orientation physique étant sans doute Yamakawa, qui non seulement a un rapport à la musique davantage « rituel » (au sens traditionnel) mais surtout y implique fortement son propre corps. Cette prédominance accordée aux sensations physiques et à la perception intuitive de la musique conduit bien évidemment à privilégier la création live à l’enregistrement en studio ; ainsi qu’à volontiers recourir à l’improvisation, allant même jusqu’à un quasi refus de la composition (il est vrai caractéristique première de la musique lyophilisée pour supérette structurant les normes auxquelles s’opposent les musiciens filmés) – même si comme les gens de bon goût le savent bien (on l’a même rappelé en ces pages et les exemples abondent) il serait vain d’opposer fondamentalement les deux pratiques, ce que proposent ces musiciens n’étant finalement rien qu’autre qu’une redéfinition (fluctuante) de la frontière les séparant.

We don’t care about Music anyway est donc un bien joli document, qui je n’en doute pas une seconde devrait intéresser tous les amoureux de musique bruyante et déstructurée, en particulier en provenance du pays du sushi. Quand aux autres, les malheureux insensibles à la poésie d’un poste de télé réglé entre deux fréquences, bah... we don’t care about them anyway...




We don’t care about Music anyway...
film de Cédric Dupire et Gaspard Kuentz
~80min
2009
Le film a été projeté en avant première à la MCJP le 27 juin 2009, espérons qu’un DVD sorte prochainement (et qu’ils aient la bonne idée d’y adjoindre le CD de la bande son).
www.studio-shaiprod.com/wdcama.php

NB : les vidéos ne sont pas des extraits du film mais des trucs un peu au pif (mais pas trop quand même non plus).
Publié dans : seen live - Par Epikt
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 25 juin 2009
Ce matin je réécoutais tranquillement Piano (2004) et Kehai to Yoin (2008) de Harada Ikuko et me faisais la réflexion que scrogneugneuh cette nana n’avait pas seulement sortit le meilleur album de pop jap’ de 2008 mais aussi que ses quatre albums solos étaient tous des putains de chefs d’oeuvre. Si si, je vous assure.
Un de ses jours je vous entretiens au sujet de son dividi.

Coïncidence (ou pas), je découvre aussi qu’il existe une vidéo accompagnant la sortie de Ginga (en version courte, l’originale durant à peu près 14 minutes).


‘Ginga’ de Harada Ikuko (avec Imawano Kiyoshiro)
Publié dans : bonus - Par Epikt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 7 juin 2009
Puisque la fréquentation de ce blog est en chute libre (heureusement que ça part pas de bien haut, car mes stats auraient été une piste noire) et que de toute façon on me réclame à corps et à cris une mise à jour, je m’exécute (mauvais calcul, on va finir par me prendre pour un laquais).

Je me la joue feignasse quand même, donc poste une vidéo, mais au lieu de céder à la facilité et de faire un teasing pour une chronique que j’écrirai le mois prochain ou de vous refiler une vidéo de vocaloïd je vais chercher un peu plus loin (ou plus proche d’ailleurs).
Pas particulièrement pour la musique, car je ne connais la miss Westzynthius ni d’Eve ni d’Adam (et depuis le temps que je connais cette vidéo je n’ai jamais creusé, honte sur moi), plutôt pour la vidéo, réalisée par le très grand Martin De Thurah et absolument magnifique.


'Séance' de Lise Westzynthius
Publié dans : bonus - Par Epikt
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus