S’inspirer du visual-kei ?

Publié le par Epikt

Un mois après son lancement il faut se rendre à l’évidence, ce blog n’intéresse personne. Vais-je devoir chroniquer le nouveau Koda Kumi ou dire du mal de la programmation de Nolife pour enfin avoir des lecteurs et recevoir des mots d’amour ? Dois-je en venir à dire tout le mal que je pense du rock visuel et surtout de ses fans ? Bonne idée tiens.
Ni parce que cela devrait m’attirer des visites supplémentaires (pour avoir du buzz il faut déjà amorcer la pompe, ce qui vraisemblablement n’arrivera pas) ni pour entretenir une réputation de polémiste que je ne recherche pas (contrairement à certains, ce qui ne m'empêche pas de les aimer), mais parce que ça colle plutôt pas mal à certaines de mes préoccupations, sur lesquelles je me suis d’ailleurs déjà exprimé en d’autres lieux. Et aussi parce que c’est l’actu qui veut ça : ce dimanche (25 janvier) a en effet eu lieu le « festival » J-Rock One, rassemblant cinq groupes français soi-disant inspirés par le « j-rock » et le visual-kei.
Avec la grande question : c’est quoi être inspiré par le visual-kei ?


Vidéo promotionnelle du festival


Le visual-kei (« visu » pour les intimes), puisqu’il se caractérise par une attention particulière au look, l’apparence et l’esthétique visuelle, n’est pas à proprement parler un genre musical mais plutôt une attitude de scène et de représentation, et d’une manière générale de communication. Cette dernière est d’ailleurs chez les groupes de visual-kei souvent ritualisée (citons Mana qui ne parle jamais personnellement en public, mais uniquement à travers la bouche d’un autre membre du groupe) : de la même manière que dans leur art l'important n’est pas tant le fond ou la forme que l’apparence, en interview ce qu’on dit (fond) et comment on le dit (forme, pédagogie) passent après les manières qu’on y met. Ainsi, si le visu est un « genre », c’est un genre du paraître.
Cela dit, on aurait tord de restreindre le « j-rock » (même considéré sous sa forme telle qu’il s’exporte chez nous ; ce que j’entends par le terme débile « j-rock » plutôt que de parler de « rock japonais ») au seul visu : bon nombre de groupes relevant de cette étiquette n’ont pas (ou n’ont plus) la propension à la mise en scène qui caractérise le visual-kei et ont alors une tête de groupe de rock tout ce qu'il y a de plus normal. C’est par exemple le cas de Dir en Grey (sans doute le plus stupidement adulé de tous), ancien groupe de visu qui s’affiche désormais en sweet-shirt Adidas (question : qu’en reste-t-il ?).


Malice Mizer


Dès lors, on n'est pas surpris d’y trouver tout et n’importe quoi, et d’y chercher en vain une cohérence. Musicalement, mais on ne s’en étonnera pas, on va donc du rock léger parfois presque pop (Mucc) à quelque chose de déjà plus bruyant (Dir en Grey) en passant forcément par les trucs goth plein de synthés (Malice Mizer) ; on peut même dévier vers l’électro (Shinjuku Gewalt ; un groupe plutôt pas mal d’ailleurs) et rien n’empêcherait un groupe de visu de faire du rap, même si j’ai pas d’exemple sous la main (certains morceaux de Miyavi ?).
Mais d’un point de vue esthétique aussi, malgré certains lieux communs évidents, il est difficile de trouver une unité – c’est d’ailleurs quelque chose de revendiqué par les fans (« il n’y a pas une, mais des esthétiques visual-kei ») à qui on oppose souvent que ces guignols se ressemblent tous. Mais effectivement, tout paradoxal que cela puisse paraître après ce que je viens de dire, il y a dans cette diversité tout azimut un contre-coup uniformisateur : apparence et musique étant quasiment disjointes l’une de l’autre (on trouve de tous les looks qui font de tous les styles, sans véritable lien ou corrélation entre les deux, des qui arborent un look brutal pour faire de la musique mièvre et inversement) la démarche devient alors artificielle et dénuée de sens, et (d’autant plus que le leitmotiv du visual-kei semble être de mélanger tout et son contraire) il n’y a plus singularité de chacun mais au contraire tout le monde est quelconque.
Mais revenons à nos moutons : comment rassembler sous la même bannière des travestis qui se prennent pour des vampires à la cour de Louis XIV, des clowns à mèches fluo et chaussettes à rayures et des individus aux masques blafards et aux uniformes de lycéen ? Surtout – puisqu’on la vu, plus qu’un genre, le visu est une attitude – comment faire le lien entre des démarches aussi opposées que celles de perfectionnistes maniaques chez qui le moindre aspect de la vie (publique du moins) et de l’oeuvre est construit autour de l’identité visuelle et d’autres chez qui le déguisement ou le maquillage ne sont que des accessoires accentuant le grotesque d'un jeu de scène qui sinon ne change pas vraiment de celui qu’un groupe de rock standard ?
C’est un peu comme mettre dans le même sac, sous prétexte sans doute que c’est japonais, La Rose de Versailles et La jeune fille aux camélias.


An Cafe


Revenons à nos groupes français influencés par le visual-kei (j’oublie « j-rock » car, à en juger par leurs coiffures « manga » et pour les plus extrêmes leurs fringues, aucun n’a une influence « j-rock » uniquement) : pour prendre la température vous pouvez aller faire un tour sur leurs pages Myspace respectives (#1, #2, #3, #4 & #5) et comme on pouvait s’y attendre, leurs styles sont assez différents les uns des autres. Mais alors, qu’est-ce qui fait d’eux une « scène », un ensemble de groupe susceptible de fédérer un même public ?
J’admets volontiers qu’un amateur de musique en particulier puisse être éclectique et écouter des genres différents, mais il n’en est pas de même pour les amateurs pris ensemble : si tous sont éclectiques, leur dénominateur commun ne l’est pas forcément. Et ce qui se trouve sur une scène c’est justement ce dénominateur commun : dans un concert de métal mon voisin de gauche écoute peut-être aussi du classique, ma voisine de droite du jazz, celui de derrière du hip-hop et celui de devant de la musique électroacoustique, mais ça ne veut pas dire que Converge, Boris Berezowsky, Nina Simone, Cannibal Ox et Pierre Henry en un même lieu soit un choix pertinent et fédérateur (indépendamment du fait que Nina Simone soit morte).
Ce lien, c’est le fameux « j », celui qui dans « j-pop », « j-rock », « j-rap », « j-tartempion » vous ferait avaler n’importe quoi tant qu’il y a ce « j » devant. Jamais on oserait mettre dans le même sac un groupe de métal, fut-ce du néo-métal, et un autre de pop-rock sous prétexte qu’ils sont américains, mais on le fait pour les japonais – et pour ceux qui s’en inspirent – puisque ce que vont voir les spectateurs ce n’est pas de la musique de tel ou tel genre, mais une influence culturelle d’un pays dont ils sont parait-il « fans ».
Alors là oui, la musique passe au second plan bien après l’apparence : et si finalement « inspired by japanese bands » revendiqué par un groupe de gaijins n’était-ce pas cela le summum du visual-kei ?


Shinjuku Gewalt


Coïncidence (ou pas), il y a deux ans (à quelques jours près) je m’interrogeais déjà sur la bande dessinée française inspirée par les manga et je dénonçais principalement que, du manga, les fans et les auteurs qui s’en inspirent n’en retiennent que l’apparence la plus triviale, ses oripeaux les plus identifiables (plutôt que, par exemple, ses efficaces techniques narratives). Je parlais d’une manière générale de « fascination superficielle » pour le Japon et sa culture. Et aujourd’hui on est en plein dedans : de la BD japonaise ces auteurs français reprennent les grands yeux, de la musique japonaise ces groupes français reprennent les déguisements.
Je vous vois venir et j’assure mes arrières, nous trouverons sans aucun doute des auteurs de BD influencés par des auteurs japonais et des musiciens par des groupes japonais qui ne tombent pas dans ce genre de facilité. Mais il y a fort à parier que ces gens là ne se disent pas influencés par la BD/musique japonaise : ils sont influencés par des artistes, qui pour le coup sont japonais. C’est un détail, une subtilité de langage, mais il y a là quelque chose à mon sens essentiel et sur lequel je n’avais à l’époque pas mis le doigt, pas de façon explicite en tout cas.
A savoir que dans le cas des cinq groupes suscités (idem des auteurs « influencés par les manga ») cette influence a lieu dans un environnement communautaire. Et Dieu sait que concernant le « j-rock » (encore plus que le manga) cet aspect communautaire est important. En deux mots comme en mille : ces musiciens sont fans de visual-kei et de « j-rock » (comprendre : ils font partie de la/d’une communauté des fans de « j-rock ») et la définition visuelle de leur musique est une affirmation de leur appartenance à cette communauté. Vous connaissez l’expression « par des fans, pour les fans » ? C’est ce que met en avant le look de ces groupes : nous avons la même passion (le Japon), je fais de la musique pour vous.
Il n’y a alors plus lieu de s’étonner que cette influence (des groupes japonais sur les groupes français) se fasse au niveau le plus superficiel : cette influence est un point de repère, un signal adressé à la communauté, c’est donc les caractéristiques les plus triviales et immédiatement indentifiables que l’on met en avant.



Après cette réflexion, peut-être indigeste mais que j’espère intéressante (et qui mériterait sans doute d'être approfondie), détendons l’atmosphère avec un de mes plaisirs coupables : un extrait du dernier concert donné par Malice Mizer (Bara ni irodorareta akui to higeki no makuake), un peu l’aboutissement du rock visuel, où de manière absolument splendouillette l’esthétique Elegant Gothic Aristocrat donne naissance à un show cyberpunk aux accents SM :


‘Kyomu no naka de no yuugi’, par Malice Mizer

Publié dans tribune

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Monsieur G (à ses heures perdues) 05/10/2009 01:01


Chocolate disco ça pique les yeux mais la choré est magnifique, j'ai commencé à la mémoriser.

Après une rapide lecture de l'article, j'ai une brusque illumination : Mylène Farmer, c'est du visu français, alors ?


bartimeus 04/02/2009 15:57

internet est un gros bordel. On cherche des sites de streaming, et résultat, on tombe sur des japonais(es) qui chantent des refrains débiles, avec des tenues futuristes et un air qui vous reste dans la tête pendant des heures ! en plus, je ne comprends pas un mot sur deux, je ne parle PAS japonais, et je n'apprécie pas particulièrement les gros dindons (si si, celui qui fait la pub pour le thé glacé ). Une chose est sure, je reviendrai. une autre aussi, "chocolate disco", ça ruine les yeux, les oreilles et le pauvre neurone survivant.

Ananda 01/02/2009 14:58

Ouais, je suppose que tu as raison.

Ceci dit, une chose à rajouter à mon dossier : à 17-18 ans, j'étais fan d'Ayumi. Et puis je parle à qqn qui tient le blog de la jpop débile. Donc rien n'est perdu.

(et vers 14 ans j'adorais Werber. Puis je me suis mis à lire des livres)

Epikt 02/02/2009 12:37


Moi aussi j'aimais Werber, même pas honte.
(d'ailleurs Werber c'est super pour draguer)


Ananda 31/01/2009 09:34

Est-ce que finalement toi aussi tu aurais un goût au combat contre les moulins ? Finalement, je dois mûrir mais aujourd'hui je commence à me dire qu'il faut bien que jeunesse se passe. C'est aussi notamment parce que cette situation de fait ne me révolte plus vraiment que mon blog a été déserté (et pour d'autres raisons que tu ne partagerais sans doute pas liées directement à un désintérêt assez global du marché japonais -bien que tu me fasses reprendre un peu foi-).

Ce n'est pas msn donc je ne vais pas réagir à tout, mais sur le dernier point, je pense aussi que ce blog "musique" qui décloisonnerait serait une mauvaise idée (pour les raisons que tu as citées), mais qui n'en reste pas moins une utopie.

Epikt 31/01/2009 12:02


Que jeunesse se passe ? sans doute.
Par contre il y a une chose en laquelle je crois de moins en moins, c’est au fan de manga décérébré et/ou exclusif (pris ici pour son coté mélomane) qui s’ouvre à autre chose de plus exigent.
Enfin... ça arrive sans doute plus que celui qui n’écoute pas de musique (quoi que : c’est mon cas, pendant mon adolescence j’écoutais quasiment pas de musique), mais c’est un process dont le
rendement est ridicule : faut-il se cogner 1000 fans de visu pour que dans cinq ans seulement 2 ou 3 se mettent à écouter Haco ? C’est à toi de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide.
Je suis pas vraiment au courrant en musique (et surtout on manque de chiffres et de recul), mais à l’heure qu’il est la mangamania (bien que ce ne soit pas entièrement sa faute) est la pire chose
qui soit arrivé à la distribution du cinéma japonais en France (en espérant que sur le long terme ça soit mieux, mais...). Et pour parler d’une manière plus globale, tous ces ados qui en ce moment
lisent Twilight, faut pas croire qu’ensuite il vont se tourner vers Pynchon – au mieux ils iront remplir les rangs des lecteurs de Bernard Werber, mais sans doute qu’ils ne liront pas
grand chose d’autre.
Je me méfie des emballements dus à la mode (cela dit, il est possible que là ce soit plus que ça). Et je déplore qu’il y ait trop de déchets dans le processus « j’écoute de la merde => je
commence à rechercher des trucs plus classes ».

Cela dit, j’ai conscience que pas mal de gens s’en foutent de tout ça – de mon coté j’ai le malheur de voir de l’art partout et donc de tout aborder avec l’exigence appropriée, n’accordant à pas
grand chose l’excuse du « simple divertissement » – et tant mieux pour eux (et je ne veux surtout pas être méprisant en disant ça).

Donc les moulins... oui, sans doute un peu.
Mais si je voulais vraiment me battre, j’irais poster sur le forum de Nautiljon ou My Jpop World. J’ai surtout le goût pour la prise de tête.


Ananda 29/01/2009 23:08

Article intéressant sur plusieurs points, bien que je sois trop paresseux pour structurer ma pensée (ou ce qui fait semblant d'en tenir lieu). J'avais eu l'intention d'écrire un article sur les groupes français qui se déclarent du visu peu après mon article sur nolife, mais je n'avais pas voulu jeter d'huile sur le feu (ce qui ne me ressemble pas, ça me fait même bizarre de le dire, et, à ce propos, mon péché originel sur nolife a été rédigé, crois le ou pas, dans la plus grande naïveté). J'avais bien fait, je pense que les démonstrations sociologiques sont plus ton fort que le mien, je te prierai donc de m'excuser quand je vais un peu dévier, puis beaucoup.

Pour en revenir au "j-rock" lui-même (le terme étant de toutes manières synonyme de "visual kei" dans la plupart des cas), il est bien évident que le qualificatif regroupe une grande variété de styles musicaux sans grand rapport les uns avec les autres. De la même manière, il me semble tout aussi évident que le "j" est l'argument de séduction, beaucoup plus que le "rock", auprès du public occidental (et en l'occurrence français).

Au delà de l'absurdité que représente le fait de se déclarer "fan" d'un pays (le Japon ou un autre du reste), ce qui intéresse finalement les fans de visu -sans doute encore plus que les fans de jpop-, c'est cette image fantasmée et extrême du Japon qui nous est renvoyée dans les mangas et les animes. C'est-à-dire pas le côté extrême "bukkake/unité 731", mais le côté extrême "gothic lolita/psychopathes androgynes" (un extrême très light qui touche un public jeune, au moins moyennement aisé financièrement, et essentiellement blanc, pas le public connu pour être le moins impressionnable). Et le mouvement (puisqu'on ne peut pas parler de style musical) qui représente le plus ce côté extrême, c'est le visu, avec toutes ses ramifications. De la même manière qu'il est peu probable que quelqu'un qui s'intéresse au Japon par le biais de l'ikebana se tourne vers dir en grey, il est difficilement plausible qu'une adolescente passionnée par Naruto puisse se contenter de SOIL AND PIMP SESSIONS.

Avec tout ce qu'il représente de mauvais goût, le visu représente exactement ce que nombre de "fans du Japon" déclarés viennent y chercher. Dans cette mesure, la musique n'a que très peu d'importance puisque c'est l'univers (plus que l'image) renvoyé qui attire les fans. Les amatrices de miyavi s'en fichent bien de ce qu'il couine de sa petite et désagréable voix.

Par ailleurs, plus largement, et s'appuyant aussi sur un facteur de réduction du filtrage critique, sans aller jusqu'à "l'extrême" visual-kei, c'est presque toujours le "j" qui intéresse les amateurs de jpop (au sens large). Sur ce point, je comprends tout à fait l'attrait que peuvent exercer l'exotisme et le sentiment d'unicité pour les avoir vécus, et je fais amende honorable pour, plus jeune, avoir de nombreuses fois été moins exigeant envers la musique japonaise qu'envers la musique occidentale. Toujours est-il que ce comportement que j'ai eu résume la tendance de la grande majorité des auditeurs de jpop à cloisonner leurs écoutes (et c'est regrettable mais c'est encore d'une certaine manière ce que l'on fait en écrivant des blogs dédiés à la musique japonaise) et à ne pas appliquer les mêmes principes quant à la définition de la qualité d'un morceau si ils écoutent un morceau japonais, en témoigne le nombre hallucinant de fans d'HALCALI, groupe qui il y a encore 2 ans n'intéressait absolument PERSONNE.

Epikt 30/01/2009 21:42


Merci beaucoup pour ce long commentaire qui complète bien l’article.
Et c’est quand tu veux pour aborder le sujet sur ton blog, ce que j’ai fait là c’est juste une piste de réflexion et il y a sans doute bien d’autres choses à dire sur le sujet (d’ailleurs en
commençant à écrire je pensais pas aller vers ce genre de choses).

Tout à fait d’abord sur l’univers « extrême-soft » qui attire les gens vers le visu.
D’une manière générale, l’« extrême » japonais attire, et cet « extrême » n’est pas le même suivant les publics : je pense à la noise japonaise qui a su se faire une belle réputation, sans doute
aidée par le fait que cette étrangeté vient de l’autre bout de la planète, mais aussi, au cinéma cette fois, à cette vague en déclin que fut celle (parfois dite « orient extrême ») des films
d’horreur asiatiques et japonais en particulier (auprès d’un public plus restreint on peut aussi évoquer leur production underground et/ou vidéo qui regorge de trucs bizarres) ou encore aux
nombreux bouquins sur le sexe au Japon. J’aurais du mal à dénoncer frontalement cette attirance, étant moi même intéressé par les choses bizarres et sortant de l’ordinaire (même si ça ne suffirait
pas à soutenir mon intérêt pour le cinéma et la musique japonais dans leur ensemble).
Le problème, c’est comme tu l’as dit qu’on a affaire à des individus souvent jeunes (et du genre à prendre les vessies pour des lanternes) en quête d’exotisme et pour la plupart baignant dans la «
culture manga ». Le visu, la mode gothic-lolita, la j-pop débile,... c’est un peu le prolongement musical de l’imaginaire développé dans le manga grand public. Donc effectivement, ils y trouvent ce
qu’ils viennent y chercher.

Mais il faut dire ce qui est, ce que nous leur reprochons (enfin, je parle pour moi, tu confirmeras), c’est pas cet attrait pour l’exotique – même si l’exclusivisme de certains est ridicule –
puisque nous aussi d’une certaine manière le recherchons, c’est de ne faire preuve d’aucune espèce d’exigence et d’aucun recul, et de finalement se contenter de cet exotisme.
D’où ils sont moins exigeants vis-à-vis de la musique japonaise que de, par exemple, la musique anglo-saxonne. D’où ils s’enthousiasment pour la première bouillie à faire office de générique de
leur anime préféré (parce que la plupart du temps il faut le vouloir pour aimer les génériques d’anime, tellement c’est sans saveur). D’où finalement ils privilégient l’apparence sur la
musique.

PS : on commence à dévier du sujet, mais je voudrais réagir sur le fait de « cloisonner ses écoutes » comme tu dis.
Au delà du cas extrême et débile de celui qui ne va vraiment pas chercher ailleurs, c’est quelque chose qui me pose personnellement problème. Je pense être quelqu’un d’éclectique et fait mon
possible pour m’intéresser à tout (ou presque), il n’en reste pas moins que mes charts sur last.fm sont sans appel : 10 japonais dans mon top 20, donc 8 dans le top 10 (stats sur les trois derniers
mois). Bref, faut me rendre à l’évidence, je suis nippo-centré (idem pour le cinéma). Il y a des raisons à peu près rationnelles (par exemple j’aime ne pas comprendre les paroles, ce qui me fait
préférer la musique jap à celle en français ou anglais, en particulier pour la pop)(en plus de la réelle richesse de la musique japonaise), mais ça n’empêche pas que quelque part ça m’agace.
Quand à faire un blog spécialisé... arg ! Je me souviens avoir écrit sur ton blog (je sais plus au sein de quelle discussion) que l’idée ne me semblait pas bonne, pas le meilleur moyen de d’un coté
ouvrir la musique japonaise à un autre public et de l’autre décloisonner les fans. Je le pense toujours et je plaide coupable. Mais mes charts last.fm me rappellent que, quoi que j’y fasse, je
parlerais sans doute toujours beaucoup de trucs japonais.
Du coup – en attendant de parler de pop taiwanaise, hip-hop ricain, grindcore suisse, jazz français,... parce que c’est prévu – j’ai décidé de jouer sur la diversité verticale et de décloisonner
les genres.
(même si ça restera toujours du pif-o-mètre)