John Cage parle des disques

Publié le par Epikt

« Je n'ai aucun disque. Et je montre qu'on peut vivre heureux sans disques. Mais j'ai remarqué que personne ne se préoccupe de ce que je pense. Ou alors peut-être quelques uns, mais la plupart des gens ont des disques.
– C'est utile pour écouter la musique de concerts auxquels on n'a pas assisté.
– Non, c'est complètement inutile. Les disques ne font que détruire notre besoin de musique réelle. Ils substituent la musique artificielle à la musique réelle, et ils font croire aux gens qu'ils se livrent à une activité musicale alors que c'est faux. Les disques ont complètement déformé et inversé la fonction de la musique dans l'expérience de tous.
Par exemple, si vous ne croyez pas ce que je dis : J'ai assisté à un concert dirigé par Stravinsky. Il dirigeait l'une de ses oeuvres. J'étais assis derrière un enfant de dix ans et son père. A la fin du concert, l'enfant se tourne vers son père et lui dit : "C'est pas comme ça, sur le disque." [en vo : "That isn't the way it goes", "C'est pas la bonne manière"]
J'ai raconté cette histoire à quelqu'un qui m'en a raconté une autre, charmante. Dans des circonstances similaires, un enfant demande à sa mère : "Pourquoi ils ne mettent pas la face B ?" »

Extrait du film John Cage de Peter Greenaway, disponible dans le coffret American Composers, édité par les Films du paradoxe.

Un premier extrait ici.

Publié dans ils l'ont dit

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