「 Montage 」 Yen Town Band

Publié le par Epikt



J’allais forcément y venir un jour, donc autant le faire tout de suite. Pas que cela soit une corvée – loin de là – mais je vois mal mon blog sans parler de cet album. Car voyez-vous, lectrice adorée lecteur adoré, Montage n’est rien de moins que le premier album de « j-pop » que j’ai acheté ! (souvenir ému)
Ce n’était pas – loin de là encore une fois – mon premier contact avec la musique japonaise : je connaissais déjà des groupes comme Boredoms, Melt-Banana ou encore quelques formations de Otomo Yoshihide... rien de bien pop me direz-vous. Oh ! Je me bidonnais déjà devant les clips débiles des Mini Moni et quand on me disait « j-pop » c’était la (jolie) trombine de Yaguchi Mari qui me venait à l’esprit. En gros, Montage m’a fait réaliser (c’est con, je sais) que la pop japonaise ne se limitait pas à son avatar à couettes.

Aparté n°1 : Ceci suffit à expliquer pourquoi, même si parfois j’en aurais envie, je n’arrive pas à dire du mal de Chara. Vous diriez du mal de votre maman ? Bah c’est pareil.

Aparté n°2 : Rétrospectivement je suis pas mécontent d’avoir commencé ainsi ma découverte de la pop japonaise. Ne serait-ce parce que si, comme beaucoup j’ai l’impression, je l’avais découverte par je ne sais quel générique d’anime/drama je ne serais sans doute pas allé plus loin – sans compter qu’avec ce genre de mètre étalon on en vient vite à trouver Hamasaki Ayumi talentueuse (et en effet, comparée à la seiyu lambda), ce qui est quand même le comble.

Alors certes en terme de découverte de la pop japonaise ça reste soft, seule la moitié des morceaux étant effectivement chantés en japonais, les autres l’étant en anglais. Ce qui est un choix parfaitement cohérent lorsqu’on connaît la genèse de l’album : Montage est en effet indissociable du film qui l’a vu naître (il ne s’agit pas à proprement parler d’une bande originale, mais d’un recueil des chansons du groupe du film) – et grâce auquel je l’ai découvert – le très bon Swallowtail Butterfly de l’excellent Iwai Shunji (je suis en superlatif mode), mettant en scène une population d’immigrés vivant dans un melting-pot linguistique et dont les langues d’expression courante sont l’anglais et le chinois plutôt que le japonais.
Pour le même genre de raison on ne saurait dissocier l’écoute du disque (si elle peut bien sur aussi se faire indépendamment) des souvenirs du film qu’il convoque chez l’auditeur. Voilà qui laisse la porte ouverte à la plus grande des mauvaises fois, non ? Pas tant que ça en fait, il n’y a même rien de mal à convoquer ce genre de pistes de lecture transverses. L’album est imprégné du même désir de liberté que le film, de la même naïveté aussi.

L’ensemble est très classiquement (et joliment) pop, s’aventurant de temps à autres à des mélodies plus rock. C’est certes sans audace particulière, mais on ne va pas demander à chaque album d’être un sommet de jusqu’au-boutisme et d’expérimentation. Et on ne saurait le lui reprocher quand, classique soit, il l’est avec la qualité et le panache de celui-ci. Ecrit et composé par Chara (qui, pour ceux qui n’auraient pas suivi, chante aussi) et Kobayashi Takeshi, deux futures pointures (ayant cependant déjà fait la preuve de leur talent et qui en auront par la suite encore l’occasion, Montage n’étant sans aucun doute pas leur meilleur travail) dont les simples noms garantissent l’intérêt de l'objet final, l’album est un sans faute : immédiatement immersif, capable aussi bien d’émouvoir (‘Swallowtail Butterfly ~Ai no Uta~’) que de donner envie de se trémousser avec un stabilo en guise de micro (‘Shite yo, shite yo’) il fait mouche à chaque note.

Si je devais choisir, je dirais que les meilleures pistes de Montage sont signées Kobayashi ; en particulier les deux qui ouvrent le bal et mettent d’entrée de jeu en valeur la tension qu’on y trouve entre mélancolie douce-amère (‘Sunday Park’) et insouciance presque bohême (‘Mama’s alright’ – là je vous renvoie au film et à la scène où Glico, qui n’a pas encore été débauchée ni perdu ses racines, interprète la chanson). Quoique pour être tout à fait complet il faudrait y ajouter la légère impertinence incarnée par la très chouette ‘I don’t care’ (écrite par Chara cette fois), voire par la reprise de ‘My Way’ qui ferme l’album. Mais quelque soit les talents de compositeur et de producteur de Kobayashi, l’album n’aurait pas été le même sans la voix unique de Chara, reconnaissable entre mille tant elle est singulière – une voix de bébé –, qui lui confère à la fois douceur, énergie et sensualité.
Non décidément, il y aurait vraiment eu de plus mauvaises entrées en matière.



‘She don’t care’



Montage
du Yen Town Band
Album studio
8 pistes (~36 min)
Sortie : sept. 1996 (Epic/Sony Records)
Genre : pop, rock

Publié dans musique

Commenter cet article

Oli 25/12/2008 04:13

encore un blog 0_o !! et comme d'hab un blog réussi, c'est presque énervant ah ah ah

je trouve cet album fantastique, sans doute parce que j'ai découvert le film avant et que je l'avais adoré...

un petit regret : la version album de MY WAY est plus douce que celle interprétée dans le film (version que je préfère, donc...)

Epikt 25/12/2008 13:37


Moi aussi j'aime bien la version présente dans le film (mais si elle passe bien dans le film elle est peu sortable en album).


Dionys 23/12/2008 23:38

Merci pour ton commentaire sur Zoë Keating, ça fait plaisir. Tu m'ouvres des horizons inconnus, en tout cas. On n'en finit pas de découvrir, non ?
Pour les lecteurs de ton beau blog, je signale le mien, allez : amateurs d'horizons musicaux singuliers, INACTUELLES vous attend !!

kawaii_saseko 21/12/2008 14:50

quand je vois que je mets plus d'une heure pour écrire un article avec texte, je me demande comment tu fais pour avoir le temps de gérer autant de blogs, d'écouter tellement de musiques, et de voir autant de films.

ça force le respect ^^

Ananda 21/12/2008 10:58

J'aurais aimé découvrir la jpop avec cet album, peut-être que de cette manière je ne m'en serais pas détourné pendant plusieurs années (oui ben moi les mini moni, ça a eu un effet répulsif). Ca me fait penser que je parle pas assez de Chara, que j'aime pourtant énormément.

Quoiqu'il en soit, je partage ton avis sur toute la ligne. Un album sympa qui passe parfaitement en fond musical. Je trouve ça amusant que tu n'aies même pas pris la peine de mentionner Swallowtail Butterfly ~Ai no Uta~ qui est pourtant une chanson sympa et surtout le morceau le plus connu de Chara. Je suppose que tu ne l'aimes pas.

Epikt 21/12/2008 12:35


Si si je l'ai citée, à la fin de l'avant dernier paragraphe. J'y ai omis le "ai no uta", c'est vrai que c'est du coup moins lisible, on doit confondre avec le film (même si remis dans le
contexte...)... je change ça.
Sinon j'aime toutes les chansons, même si je les ai pas citées toutes.

PS : chez moi les Mini Moni n'ont pas été un répulsif car j'aime les trucs crétins (en témoigne un autre blog), mais je n'ai jamais écouté les Mini Moni : je regardais (hum hum... le présent
s'impose) je regarde les vidéos ! Le déclic s'est donc vraiment fait avec cet album, d'autant plus que dans le même temps je découvrais la filmo de Iwai et que quelques mois après je tombais sur
Lily Chou-Chou.